
Résumé : Isabelle a l’inconscience et l’espoir de la jeunesse. Eprise de liberté, elle cherche des « petits boulots » et entre dans la famille Mollard pour s’occuper d’un vieillard impotent, Désiré.
Proche de la mort, Désiré trouve en la jeune femme une confidente. Il lui livre les secrets de la famille Mollard – gens tortueux dont l’histoire ne se raconte pas en ligne droite. Dans le journal et les notes d’Isabelle, ce sont donc plusieurs récits qui s’entremêlent, tous racontés avec la même drôlerie, la même causticité.
Roman de Jean-Edward, qui fonctionne comme une chambre à air, se nourrissant de tout, imbécile qui réussit merveilleusement dans la presse et fréquente des demi-mondaines.
Roman de Guénolée, sa femme, plus snob que nature, « féministe » par mode, qui va jusqu’à dépouiller ses filles, l’une de l’usage de la parole, l’autre de ses petits amis.
Roman de Fiacre le directeur de la banque Mollard, amoureux d’une danseuse classique. Roman de Marcel, devenu grand ponte du fast-food aux Etats-Unis, et qu’une minable petite danseuse nue de Las Vegas sauve de l’impuissance. Roman aussi de Désiré, chiffon-nier devenu milliardaire.
Mais surtout roman de Catherine Rihoit, plus féroce, plus en verve que jamais.
En 1 mot : Famille
Mon avis : Un roman sympa, qui raconte la vie d’une famille qui ne l’est pas trop. Les péripéties des uns et des autres vues par l’œil d’Isabelle et celui de Désiré sont parfois drôles mais souvent caustiques et donnent une image de la « bourgeoisie » parisienne des années 1970 pas très avenant.
L’écriture de l’auteure est agréable et fluide rendant le récit facile et rapide. Il n’y a pas de temps morts ni de longueurs. Par contre, je ne suis pas arrivée à m’attacher aux personnages, trop tournés vers eux-mêmes pour que je les trouve attachants. Je pense que cette lecture ne me restera pas longtemps en mémoire même si au moment de la lecture celle-ci ne m’a pas semblée ennuyeuse ni lassante.

Cette lecture permet de valider : La catégorie 55 de mon Défi Lecture Facebook 2026 : Un roman dont le personnage principal ou un personnage important est un ou une domestique –> Isabelle.
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3e mot de la page 33 : FAÇON
nom féminin
(latin factio, -onis, de facere, faire)
1. Travail de l’artisan ou de l’artiste, forme donnée à un objet par le travail de l’ouvrier, en particulier dans le domaine de la mode : Il a fourni le tissu et payé la façon.
Synonymes : confection – création – fabrication – main-d’œuvre – travail
2. Manière particulière d’être ou d’agir : La façon de s’exprimer.
Synonyme : manière
3. S’emploie suivi d’un nom sans article comme apposition pour indiquer une imitation : Un châle façon cachemire.
FAÇONS
nom féminin pluriel
Comportement, manières particulières à chacun : Il a des façons brusques.
Synonyme : manières
(Dictionnaire en ligne « Larousse »)
…Je ne sais pas encore, j’apprendrai bientôt, qu’il ne faut jamais dire devant Guénolée qu’on aime son travail. Théoriquement, un patron devrait se dire qu’un employé qui aime son travail le fera mieux. C’est son intérêt. Cependant, rares sont ceux pour qui l’intérêt passe en premier. Ce qui vient d’abord, c’est le fait incontournable qu’eux-mêmes s’ennuient généralement dans la vie. En conséquence de quoi, il leur est intolérable qu’il n’en soit pas de même pour leurs employés. Déjà qu’ils les paient ! Si en plus il prennent leur pied ! La plupart d’entre eux ressentent comme une profonde injustice, et même une escroquerie, le fait d’avoir à payer un employé qui aime ce qu’il fait.
Ceci ne signifie pas qu’il faille en aucun cas dire à son patron qu’il le travail qu’il vous confie vous emmerde. Cela, il ne le supporte pas non plus. Ce travail vient de lui, il le paie, il lui appartient, donc il ne se critique pas, il doit au contraire être valorisé. La façon de se sentir valorisé, pour un patron, c’est de voir un employé qui lui dit : « Merci, merci de m’avoir donné ce travail merveilleux », alors que de toute évidence, on sent bien derrière les mots, que l’employé se fait chier et même souffre. Le patron se trouve alors dans cette position idéale, que d’aucuns croient à tort impossible, et qu’on appelle en anglais, « avoir son gâteau et le manger ». (p.28)
Éditions Le Grand Livre du Mois, 1983
436 pages