
Quatrième de couverture : Martin, instituteur danois de trente-huit ans qui ressent un vide dans son existence, demande sa mutation dans la province la plus septentrionale du Danemark, le Groenland. Il prend ses fonctions dans un hameau de cent cinquante âmes : Nunaqarfik, à plus de cinq cents kilomètres au nord du cercle polaire.
Armé de ses bonnes intentions, encombré de sa mauvaise conscience coloniale et de ses idées préconçues, Martin découvre une communauté solidaire, dont la vie s’organise en fonction de la nature environnante – et pas malgré elle. Au fil des mois qui passent et des rencontres, dans une société où le rire est érigé en remède suprême contre la peur ou la tristesse, il apprend à apprécier ce qui est, sans se soucier de ce qui aurait pu être, et trouve ce à quoi il aspirait : l’aventure, l’immensité, l’harmonie, l’amour.
Roman chaleureux et humaniste, qui dénonce notamment les ravages de la colonisation du Groenland par le Danemark, Ímaqa est un hymne à la tolérance et à la douceur, porté par un humour irrésistible.
Les difficultés ne sont pas un obstacle – au contraire : elles sont le chemin. Si l’on évite les difficultés, on n’arrive pas au but. (p. 36)
En 1 mot : Ímaqa (Peut-être)
La plus belle chose qu’on puisse dire d’un état, c’est qu’il est inexplicable. Si le cœur danse et que les yeux sont calmes – et pas le contraire – alors il ne faut pas se mettre à se demander pourquoi. (p. 79)
Mon avis : L’humour est un vecteur très fort pour faire passer des messages. Et monsieur Flemming Jensen l’a bien compris. Son roman est joyeux et pourtant il dénonce les méfaits, les idées parfois très absurdes de la colonisation et des colonisateurs. Ce roman m’a apporté beaucoup, surtout grâce à la philosophie de vie des Groenlandais. Quel optimisme et quelle joie de vivre alors que le milieu naturel dans lequel ils vivent est si dur ! Il m’a aussi apporté de la honte d’être ce qu’on appelle une « blanche ». Je fais donc partie de ces humains qui croient être des êtres supérieurs aux autres parce que je vis dans un pays dit « civilisé »… Mouai…
Ce roman décrit la situation des Groenlandais et des Danois dans les années septante et pourtant, plus de cinquante ans après je n’ai pas l’impression que ce genre de situations a beaucoup changé… 😢
Un roman que je n’oublierai pas de si tôt, que ce soit grâce à cet humour, tantôt cynique, tantôt ironique. Aussi grâce à cette bienveillance qui transparait tout au long des expériences de Martin. Et puis il y a aussi une certaine espérance qu’un jour, on se rendra compte que chacun a le droit de vivre sa propre culture, sa propre philosophie de vie sans que quelqu’un pense avoir la « vérité vraie » et ne veule propager sa « bonne parole » ! Ímaqa…
Lorsque l’eau, l’air et tout ce qui vous entoure sont propres, l’hygiène corporelle est moins importante. Martin avait remarqué avec étonnement qu’il pouvait porter la même chemise pendant des jours : sa sueur était inodore. On n’était pas imprégné d’autant de saleté que dans la région européenne de la Ruhr où l’on lavait, frottait et rinçait pour se débarrasser des symptômes des impuretés de l’existence. C’est surprenant comme on a peu besoin de savon quand rien ne pollue. (p. 183)
Ma note : 💖…, mais j’ai cessé de départager les gens en Danois et en Groenlandais. Nous avons tous le droit d’être là où nous voulons être. Mais j’ai quelque chose contre les idiots où qu’ils soient ! (p. 341)
Cette lecture permet de valider : La catégorie 3 de mon Défi Lecture FB 2025 : Coup de cœur
Éditions Babel, 2012
443 pages