
Quatrième de couverture : « Roman vrai », Délivrez-nous du mal raconte la vie de Louis Antoine, fondateur d’un culte dans la banlieue liégeoise à la fin du siècle dernier. Le livre de Robert Vivier ne se lit pas seulement par plaisir littéraire, mais parce que l’auteur y reconstitue, avec une sympathie profonde, l’itinéraire psychologique d’un homme, les mœurs et la mentalité d’une région qui fut également la sienne, un peu plus tard. il jette aussi quelque lumière sur le phénomène passionnant que constitue la naissance d’un mouvement religieux.
En 1 mot : Cheminement
Mon avis : J’ai choisi ce roman il y a longtemps lors d’une vente d’un surplus d’une bibliothèque de ma région, car il se déroulait dans la banlieue de ma ville, fin du 19e siècle, mais je n’avais aucun engouement pour le commencer.
C’est un roman qui ne parle que de religion, donc si ce sujet ne vous intéresse pas ou vous rebute, ne vous engagez pas dans cette lecture. Par contre si vous avez une certaine curiosité sur le fonctionnement d’un culte basé sur Dieu et sa bonne parole, il pourrait vous apporter des réponses et/ou des pistes de réflexions. Et si en plus vous êtes liégeois ou que vous connaissez la région, laissez-vous tenter 😉
C’est l’histoire du Père Antoine, fondateur du « Culte Antoiniste », et en lisant cette histoire j’ai appris beaucoup de choses : sur la région à cette époque, sur le culte en lui-même, que je ne connaissais que de nom (juste parce qu’il y a un temple du culte dans la rue de mon collège et que je suis passée devant, sans m’interroger, pendant 6 ans), et sur la psychologie individuelle d’un personnage charismatique ainsi que sur la psychologie de masse qui fait grandir et qui colporte les paroles et les croyances de ce personnage. Ce culte est la seule « religion » créée en Belgique, il fut assez répendu durant la première moitié du 20e siècle. Il a dépassé les frontières de la Belgique, notamment jusqu’en France et même au Brésil.
C’est bien écrit, clairement, un peu lyrique. Beaucoup de descriptions des pensées religieuses et d’introspection d’Antoine, un peu à la Zola. En tout cas, c’est une lecture qui sort vraiment des sentiers livresques que j’emprunte habituellement.
Ma note : 🐭🐭🐭🐭
Cette lecture permet de valider : La catégorie 66 de mon Défi Lecture FB 2026 : Livre qui porte le même titre qu’un autre livre –> Notamment un roman de Romain Sardou et un de Frédéric Dard et la catégorie H1 : Titre commençant par la lettre D.
Si le Défi vous intéresse, pour de plus amples informations c’est –> ici 🤗
Une religion, répondit Antoine, n’est pas meilleure qu’une autre. Elles diffèrent seulement par le côté extérieur. Nous aurons donc les mêmes égards pour toutes les religions et même pour l’incroyance, pourvu que ces opinions soient sincères. C’est la bonne volonté, c’est la foi qui importe. Ainsi le catholique est-il notre frère, mais le matérialiste ne l’est pas moins : nous luis devons de la déférence comme au plus grand croyant. La foi de chacun dépend de son libre-arbitre. C’est pour cela qu’il ne faut pas essayer de persuader les gens de venir se faire opérer chez nous, quand ils n’en ont pas eux-mêmes l’inspiration. Certaines personnes ont foi aux médecins, d’autres font des pèlerinages et des neuvaines. que nous importe la façon dont elles obtiennent la guérison ? Le principal, c’est qu’elles soient guéries, n’est-ce pas ? (p.285)
Les uns, disait-il, contemplent une figurine humaine, les autres une lumière, d’autres encore un cercle, une étoile ou tout autre signe… Prions qui nous voulons : nous ne faisons aucun mal en nous adressant en qui nous avons foi. (p.333)
Éditions Labor, 1989
380 pages